Classicisme de bon aloi

Le métier de journaliste automobile fait encore rêver de nombreux jeunes qui lisent, dans le fond de la classe, les revues spécialisées qui leur tombent sous la main. Pourtant il devient de plus en plus difficile de critiquer des voitures qui tendent toutes vers la même perfection. Certes, sur la durée, des différences flagrantes existent encore mais les voitures qui nous sont prêtées par les importateurs affichent logiquement un faible kilométrage. L’Audi A5 cabriolet qui nous occupe aujourd’hui est de celles-là et nous avons éprouvé un mal fou à lui trouver le moindre défaut.

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Vous avez aimé l’Audi A5 Coupé? Vous allez adorer le cabriolet. Ses lignes pures sont mises en valeur par l’ablation du toit même si le dessin, capote fermée, est à nos yeux moins réussi. L’auto profite d’un classicisme renforcé par le choix d’un toit souple qui lui permet de conserver totalement les lignes du coupé. Avec une belle pointe de sportivité qu’ajoute la finition S-Line qui équipe la voiture de cet essai.

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Garnissage exemplaire

Nous vous rabâchons les oreilles à longueur d’essai d’Audi mais c’est tellement flagrant et constant chez la marque aux quatre anneaux qu’il est difficile de ne pas en parler. Face à certaines marques qui n’hésitent pas à grappiller quelques euros sur ce poste, Audi offre une constance étonnante. A cette finition exemplaire, nous devons ajouter une ergonomie jamais prise en défaut avec des commandes placées là où nous les cherchons et des sièges parfaitement dessinés. Audi est également devenu un orfèvre dans l’art de nous offrir des capotes parfaitement étanches même si l’insonorisation aurait pu être soignée davantage. Car voilà peut-être le seul défaut de ce superbe cabriolet.

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Et comme l’isolation des bruits de roulement n’est pas des plus réussie, cela rend l’auto trop audible sur certains revêtements particulièrement mal entretenus comme nous en rencontrons si souvent chez nous. Toutefois, moyennant un supplément raisonnable de 363 euros, on peut aussi profiter de la capote «acoustique», profitant d'une mousse isolante d'une épaisseur de 15 mm. Pilotée par une pompe hydraulique et quatre vérins, la capote de l'A5 cabriolet disparaît dans son logement en seulement 15’’ (17’’ pour la refermer). 

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Un certain dynamisme

Alourdie de 210 kilos par rapport à la berline, le cabriolet A5 se montre pourtant dynamique lorsqu’il est sollicité. Certes, l’auto a tendance à s’écraser sur le train avant lorsque le rythme devient trop élevé mais vous pourrez néanmoins vous amuser lorsque la circulation se raréfie et que les routes deviennent moins droites. Sous le capot, nous avions droit à l’excellent  2.0 TFSi de 211 chevaux épaulé par une boîte manuelle à six rapports. Performant, souple et agréable, ce moteur se montre pourtant particulièrement creux en dessous de 2.000 t/min. Toujours est-il que nous ne pouvons que vous conseillez d’opter pour une motorisation essence car pour nous, les plaisirs du cabriolet rimeront toujours avec le plaisir des sens; olfactifs mais également, et peut-être surtout, auditifs. La transmission se montre parfaitement étagée et les nombreux kilomètres effectués à bord de ce cabriolet nous ont démontré qu’une telle auto se montrait également particulièrement confortable. Notre dos n’a jamais souffert des longues étapes et la fatigue ne s’est jamais déclarée. Finalement, cette auto déraisonnable au premier abord peut se montrer parfaitement utilisable au quotidien.

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Y mettre le prix

Réflexion souvent entendue chez les amoureux de la marque: les prix sont excessifs. Pourtant, en prenant pour référence les deux autres marques allemandes directement concurrentes, l’Audi est parfaitement concurrentielle. Affichée à 42.575€, cette A5 2.0 TFSi est un rien plus chère que la BMW 320i (41.150€) mais bien moins coûteuse qu’une pourtant vieillissante Mercedes CLK 200 Kompressor qui exige 46.827€ de son futur propriétaire. Vous voilà désormais parfaitement informé à l’heure de craquer pour un plaisir simple, celui de flâner cheveux au vent en profitant pleinement de l’instant.

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14:22 Écrit par Benoît Lays dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : audi, a5, cabriolet, s5, essence, finition, exemplaire, allemande | | |

avant arret

Diesel performant et sobre, essence totalement déraisonnable

Lâchez les fauves!

En revoyant la copie de sa berline routière, Jaguar a exécuté le travail de manière magistrale. Sans toucher au dessin particulièrement réussi ni à l’habitacle de caractère, la marque indienne a plus particulièrement ciblé, avec une justesse pertinente, les motorisations vieillottes. Un nouveau Diesel fait son apparition tandis qu’un 5.0 V8 s’installe sous le capot de la R.

flanc virage
 

La voiture qui nous accueille aujourd’hui est d’une finition exceptionnelle. La superbe sellerie en cuir est complétée par le même matériau sur le dessus de la planche de bord sans oublier le cuir retourné sur les montants et le ciel de pavillon. Tout simplement superbe et inimitable, cette finition Portfolio est largement à la hauteur de ce que peut faire Audi. Et puis ce cérémonial, déjà connu de la version initiale, qui fait sortir le bouton du changement de vitesses automatiques et les ouïes de ventilation qui se retourne pour s’activer nous subjugue comme lors de notre première rencontre. Au même titre que les passagers occasionnels qui ne connaissent Jaguar qu’à travers la S-Type bien moins classieuse. 

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Un moteur ad hoc

La XF peut dorénavant s’appuyer sur un 3.0 V6 turbo Diesel proposé dans  deux puissances: 240 ou 275 ch. Un véritable bijou technologique qui fait appel à deux turbocompresseurs séquentiels parallèles. Mais chez Jaguar, contrairement à ce que nous pouvons trouver ailleurs, le gros turbo à géométrie variable entre d’abord en action avant que le second n'intervienne à partir de 2800 tr/min. Résultat: le temps mort habituellement rencontré avec les turbos est véritablement gommé à bas régime. Il faut dire que les valeurs de couple sont impressionnantes avec 500 Nm à 2000 tr/min pour la version 240 ch et 600 Nm, à 2000 tr/min également, pour le moteur de 275 ch. Dotés, comme tous les autres moteurs des XF, d'une boîte automatique à 6 rapports, les motorisations à mazout participent pleinement au plaisir de conduire une voiture hors du commun. Pour peu que l'on caresse l'accélérateur, que l'on titille les palettes de sélection de la boîte séquentielle fort bien étagée, la berline cossue se montre digne de la gueule du jaguar qui vous menace sur le moyeu central du volant.

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Politiquement correcte?

Mais cette XF 3.0d affiche un bilan politiquement correct. D'après le constructeur, le nouveau moteur produit 10% de CO2 de moins que le 2,7 litres (ce qui représente malgré tout une émission de 179 g/km) alors que sa puissance augmente de 16 et 33%, selon la version. Les consommations officielles sont du même acabit: 6,8 l/100 km pour les deux modèles. Mais attention, les consommations annoncées par Jaguar sont plus qu’optimistes. Car nous avons également goûté à la variante sportive baptisée R. Celle-ci hérite du nouveau V8 de 5 litres et de son compresseur mécanique Eaton, de sixième génération. Un compresseur qui se montre 20% plus efficace grâce à une admission remaniée. Cela se traduit par une puissance de 510 ch à 6000 tr/min et un couple qui atteint la bagatelle de 625 Nm, entre 2500 et 5500 tours.

quart avant travers
 

Une vraie soiffarde

La boîte automatique ZF a été revue en conséquence et son mode Sequential Shift se caractérise par une réactivité des plus réduites. Enfin, la direction est désormais plus directe tandis que l'amortissement piloté CATS cède la place à l’Adaptive Dynamics. Les modèles R sont en outre pourvus d'un différentiel à glissement limité électronique (Active Differential Control). Malheureusement, le plaisir ressenti au volant a du mal à cacher la douleur des passages à la pompe. Car sans jouer les pilotes de GT3, nous avons signé une moyenne de 22 litres/100. Certes, la R est une véritable bombe qui réagit instantanément au doigt et à l’œil mais lorsque certaines sportives historiques (la 911 pour ne pas la citer) parvient à se maintenir sans trop forcer en dessous des 20l/100, cela laisse songeur.

quart arriere

13:31 Écrit par Benoît Lays dans Essai | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jaguar, essai, exclusif, xfr, xf, 3 0d | | |