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Le jour où le lion est sorti du bois

Féline, la RCZ bouscule la tradition

Historiquement plutôt coupable de coupés très joliment dessinés mais inévitablement destinés à une clientèle d’âge mûr, Peugeot a osé commercialiser le concept très provocateur exposé au Salon de Francfort en 2007. Et ce qui a réjoui les amoureux d’automobiles de caractère, c’est que ce dernier n’a guère subi de grosses transformations pour passer des podiums à la salle d’exposition. Pour goûter à ce joli modèle, nous avons attendu qu’il soit disponible dans sa variante essence la plus performante et nous n’avons pas été déçus. Puissante, bestiale, agressive, elle ne fait pas dans la dentelle. Récit d’une semaine endiablée!

Vous rêvez d’être vu et entendu? Vous souhaitez sortir de la routine, loin de ces monospaces pour père de famille toujours seul au volant ou de ces SUV qui ne fréquentent que les tarmacs de nos boulevards? Alors laissez-vous séduire par la RCZ. Avec elle, vous avez l’assurance de conduire différent avec la garantie d’un usage quotidien réellement envisageable. Nous y avons goûté sans modération, un large sourire aux lèvres.

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Oser l’audace

Cela fait des siècles que nous n’avions plus eu droit à autant de regards admiratifs au volant d’une Peugeot. Il faut dire que les dessinateurs de la maison sochalienne n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère et c’est même à coups de louche qu’ils ont tracé les lignes de ce coupé agressif à souhait. Il y a d’abord cette calandre impressionnante bordée d’optiques très effilées qui ne laisse guère de doute quant aux prétentions de la bête. Le reste se montre du même acabit avec une compacité remarquable, les quatre roues étant reléguées aux extrémités de la carrosserie. L’arrière est râblé à souhait, plutôt rondouillet, mais cela donne une présence au train arrière qui a poussé certains de nos passagers à croire qu’ils roulaient dans une propulsion. Sans oublier cette découpe de capot particulière qui dégage le haut des roues avant. Bref, le caractère ne manque pas et les regards envieux n’ont cessé de glisser sur notre félin.

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Habitacle soigné

Du fait de sa taille basse, l'accès à bord de la RCZ pour les plus grands gabarits n'est pas des plus aisés. Mais une fois calé dans son siège, le conducteur profite d'une ergonomie propre aux coupés: position de conduite basse avec jambes étendues, levier de vitesses haut perché, volant vertical et compteurs bien dans l'axe des yeux. En revanche, la visibilité reste limitée, surtout en hauteur. Heureusement, la finition inspire le sérieux: la planche de bord est intégralement recouverte de cuir. Le reste des boutons et commandes appartiennent logiquement à la banque d’organes PSA mais les cadrans sont néanmoins joliment décorés. Sans surprise, les places arrière de cette 2+2 s'avèrent anecdotiques. La mini-banquette et son dossier très vertical ne peuvent accueillir deux adultes que de manière très sporadique. Moins pratique qu'une compacte à 3 portes, la RCZ demeure toutefois assez modulable: une fois rabattue, la banquette arrière dégage un plancher plat et permet d'augmenter le volume du coffre de moitié (de 321 à 639 l.).

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Le retour du plaisir

Voiture égoïste avant tout, la Peugeot RCZ fait la part belle au plaisir de conduite, grâce à une direction précise et un châssis ultra-efficace. Dérivé de la 308, celui-ci dispose de voies élargies, de pneus larges et d'un ESP déconnectable. Bien calibrées, les suspensions assurent encore un certain confort au quotidien même si les moindres aspérités de la chaussée se dessinent en temps réel dans votre colonne. Rien de dramatique ni d’inattendu au volant de pareil bolide. Sur notre tracé d’essai habituel, des routes bosselées et tortueuses à souhait, la RCZ a visiblement apprécié la conduite tonique et exigeante adoptée par votre serviteur, enroulant les virages avec sérénité, freinant fort et ne manquant jamais de ressources dans les montées ou des les dépassements. Accouplé à une boîte à six rapports, le 4 cylindres turbo s'apprécie à tous les régimes et révèle une belle polyvalence. Plutôt coupleux à bas régime (275 Nm à 1.700 tr/min), il devient très pointu et rageur dans la zone rouge et offre au RCZ un tempérament et un entrain dignes de l'Audi TT 200 ch qui nous avait laissé d’aussi jolis souvenirs.

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Avis à la concurrence

C’est d’ailleurs le coupé Audi qui vient directement à l’esprit lorsqu’il s’agit d’aborder le chapitre des concurrentes. Mais à 35.000€, l’allemande boxe dans une autre catégorie. Certes, le 2.0 TFSI qu’elle utilise est vivant, son comportement est plutôt flatteur sans oublier sa finition irréprochable mais la RCZ frappe fort en s’affichant à 29.580€ seulement. Pour cette somme, vous disposerez d’un véhicule assez exceptionnel qu’on ne risque pas de croiser à tous les coins de rue. Utilisable au quotidien, il vous fera profiter de sa puissance, de son confort plus qu’acceptable sans oublier son volume de chargement intéressant. Au chapitre des petites choses qui fâchent, nous signalerons des détails de finition bricolés sous le capot moteur (feuilles de protection en aluminium à peine attachées…) et d’une consommation se situant aux alentours des 12 litres /100 en sachant que nous avons toujours été tentés de faire chanter un moteur parfaitement doublé par le "Sound System", un dispositif qui lui donne un timbre plus agressif. Prenez garde, braves gens, le lion est sorti du bois!

22:05 Écrit par Benoît Lays dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peugeot, rcz, 1.6 thp, 200 ch, essai, exclusif, coupé, français, lignes, concept, essence, sportif, comportement, prix | | |

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