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La première berline de Stuttgart est une réussite

Encouragée par le joli succès du gros Cayenne, Porsche a choisi de poursuivre la diversification de sa gamme en proposant désormais une berline à quatre portes et moteur avant. Le style extérieur ne va pas traumatiser les amateurs de la marque de Stuttgart même si la longueur de la bête doit être digérée. A l'intérieur, le choc est réel. La faute au tunnel de transmission véritablement imposant. Et sur la route, cela donne quoi?

N'y allons pas par quatre chemins, cette Panamera nous a plutôt interpellés. Nous avons d'abord dû appréhender sa longueur. Pourtant, la Porsche est 10 cm plus courte qu'une BMW Série 7 mais l'empattement fausse notre perception des proportions.

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Poids lourd

Avec 1860 kilos sur la balance, la Panamera 4S n'est pas vraiment un poids-plume. Certes, on ne peut pas tout avoir et une berline ne peut pas revendiquer les prestations d'un coupé. L'équipement pléthorique de la Porsche doit bien se payer quelque part. Car dans l'habitacle, le terme de limousine n'est pas usurpé. Tout est là, le superflu comme le nécessaire. La marque de Stuttgart soigne aussi bien le conducteur que les passagers. Nous dirions même que dans ce cas, le chauffeur n'est peut-être pas le mieux installé. La faute à l'importance du tunnel central réduit fortement l'espace vital. Sans parler du sentiment de solitude qui vous envahit lorsque vous découvrez, en vous installant à bord, les très nombreux boutons et commodos qui entourent le conducteur. Heureusement, la position de conduite est parfaite grâce à de nombreux réglages.

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Habitacle royal

A l'image des réglages séparés des supports latéraux pour l'assise et le dossier. Et le réglage en hauteur semble illimité dans les deux sens. De quoi vous sentir parfaitement chez vous une fois assimilés les nombreuses commandes d'un équipement de bord pléthorique. Derrière, les passagers ont droit à un confort cinq étoiles. Et comme l'accès aux places arrière est facilité par un montant central qui semble poussé vers l'avant, les candidats aux places arrière devraient se bousculer. Petit bémol, le hayon arrière ne s'ouvre pas automatiquement et le cran d'arrêt qui le stoppe à mi-course a le don d'agacer. L'espace y est plutôt restreint. Heureusement, Porsche a prévu des dossiers de banquette rabattables. Si la finition ne souffre pas la critique, on regrette que les espaces de rangement soient si rares.

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Chevaux de trait

La 4S que nous avions à l'essai emprunte le 4.8 V8 de 400 chevaux développé pour le Cayenne et accompagné d'une toute nouvelle boîte robotisée à 7 rapports (de série) associée à un Stop&Start.  Ce V8 est un régal. Performant et démonstratif d'un point de vue acoustique (grâce l'échappement Sport qui s'éclaire la voix lorsque vous poussez sur le bouton magique), il sait aussi se montrer très discret et procure des reprises linéaires. De série sur la 4S, la boîte PDK s'avère redoutablement efficace et rapide, même si, au pas, elle manque encore un peu de fluidité. Et puis il y a ces boutons poussoirs, appelés à disparaître, qui se montrent totalement inadaptés à toute conduite dynamique. A priori plutôt légère et peu informative, la direction se montre nettement plus précise sur les niveaux supérieurs de l'amortissement piloté (Sport ou Sport Plus). Bien sûr, il faut oublier les impressions de conduite vécues avec la 911 bien plus légère et précise mais le comportement de cette lourde berline demeure agréable.

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Agréable au quotidien

En fait, cette Panamera se montre réellement agréable en usage quotidien. Le confort est inédit pour une Porsche et le diamètre de braquage est particulièrement réduit. Comme pour contrebalancer la longueur de l'empattement, Porsche a voulu que sa berline tourne court. Comme le veut une longue tradition, le freinage est difficile à prendre en défaut, surtout avec les disques en carbone-céramique, indestructibles. S'il ne fait aucun doute que la sécurité a été soignée, on se demande pourquoi Porsche n'a pas prévu certains équipements en vogue tels que le détecteur d'angle mort ou l'alerte au franchissement de ligne. Le genre d'équipements qui facilitent la vie... au quotidien.

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Consommations astronomiques

V8 à haut rendement, boîte robotisée et Stop&Start: la Panamera réunit tous les ingrédients du politiquement correct. Pourtant, les chiffres de consommation obtenus durant notre trop bref essai se veulent gargantuesques puisqu'ils n'hésitent pas à passer le seuil des 20 l/100 km. Pas vraiment démocratique (105.210 €), elle se calque sur les tarifs de ses semblables. Les options sont nombreuses et plutôt chères et la liste des équipements recèle quelques lacunes, par exemple la fermeture assistée des portières ou divers équipements de sécurité (vision nocturne, détecteurs...).

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Des candidats?

Les papas Porschistes qui n'ont jamais voulu se laisser séduire par le Cayenne devraient avoir moins de remords à l'heure de signer un bon de commande pour la Panamera. Si le pilote qui sommeille en lui aura du mal à composer avec une certaine inertie à l'inscription en courbe, le père de famille se félicitera des quatre places parfaitement accessibles, la maman louera le confort et les enfants se sentiront comme des princes aux places arrière habitables et accueillantes. Et tant pis pour ses formes discutables et son volume de coffre insuffisant...

16:55 Écrit par Benoît Lays dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 400 ch, berline, porsche, panamera, 4s, v8, 4 portes | | |

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